rotko Invité
| Sujet: Dominique Bona et Berthe Morisot Lun 4 Juil - 16:45 | |
| Dominique Bona, Berthe Morisot, Grasset. 2246537118 "Le secret de la femme en noir". Tel est le sous-titre de l'ouvrage. L'incipit donne pratiquement la teneur du "secret", que l'ouvrage mentionne ensuite avec des allusions transparentes. Là n'est pas l'essentiel. Dominique Bona, respectueuse de son sujet, présente une artiste à part entière dans l'univers de son époque. Proche de sa soeur Edma et de sa mère, Berthe développe dans le cocon familial une forte personnalité, une volonté de fer qui lui fait poursuivre sa carrière dans une époque agitée, peu bienveillante pour les femmes peintres et les "Refusés" des Salons officiels. Elle fait partie des "chercheurs de Vérité", - plus que de beauté académique, qui ont voué leur existence à la peinture (ou à la littérature). Son idéal ? "fixer quelque chose de ce qui passe [..] la moindre des choses.. un sourire, une fleur, une branche d'arbre, et quelquefois un souvenir plus spirituel des miens, une seule de ces choses..." Dominique Bona dresse des portraits d'artistes contemporains, des notices individuelles, et esquisse des parallèles avec une maîtrise qui évite le ton des "manuels". Toute une époque revit, avec ses turbulences politiques - guerre de 1870 et Commune..., ses opinions, et ses figures emblématiques. On y voit vivre l'intéressée, mais aussi ses proches, et on glane des renseignements intéressants sur les oeuvres - ainsi pour le "cerisier", p 261 et 313.
L'ouvrage se lit avec intérêt, encore que, facilité du genre, l'auteur dessine fortement, a posteriori !, les lignes directrices d'une vie qui dut avoir hésitations et détours.
Berthe Morisot devient à l'heure de sa propre vieillesse, la peintre des jeunes filles en fleurs, dont elle montre les débuts dans l'existence, avec leur fraîcheur parfois ingénue. Au total, une artiste qui s'est acceptée en tant que femme et a fait de la peinture un hymne à la jeunesse et au bonheur, même si la sérénité n'était pas le trait dominant de sa personnalité.
Dernière édition par le Lun 4 Juil - 16:47, édité 1 fois |
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rotko Invité
| Sujet: Re: Dominique Bona et Berthe Morisot Lun 4 Juil - 16:47 | |
| Berthe Morisot, par Philippe Huisman, bibliotheque des arts. 28845300209 "Exposition d'aliénés... dont une femme". Ainsi le Figaro rendait-il compte en 1876 d'une exposition de peintres impressionnistes où figuraient Sisley, Renoir, et... Berthe Morisot. Ce petit livre de 90 pages qui lui est consacré vaut le coup d'oeil : premier mérite, il présente une femme singulière dans le milieu des impressionnistes qui ne compta qu'une vraie peintre reconnue. Berthe Morisot servit aussi de modèle, notamment à Edouart Manet, mais elle se lança très tôt dans une carrière artistique, orientation peu "convenable" aux habitudes de son milieu.
La jeune bourgeoise suit donc les cours de Corot, puis apprécie chez Edouard Manet l'incessante recherche picturale. Elle fréquente peintres et écrivains dont Baudelaire et Zola. Ses trois amis constants : Edouard Manet, Auguste Renoir, Stéphane Mallarmé. Un personnage récurrent dans ses tableaux : sa fille Julie, née d'Eugène Manet, frère d'Edouard, peintre à ses heures. Deuxième mérite de cet opuscule : les reproductions, une trentaine environ. C'est une grande injustice de citer sans cesse "le berceau" de 1872. Pour ma part, j'ai choisi dans les reproductions trois tableaux qui montrent différentes manières de la peintre : "La promeneuse" (1883), "le cerisier" (1891), visible au musée Marmottan, et "Julie rêveuse " de 1894. |
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