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Pierre-Alain Gasse

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Masques de Venise
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MessageSujet: Pierre-Alain Gasse   Lun 16 Oct - 9:06



Il s'agit d'un recueil de nouvelles se déroulant toutes en Bretagne et dont la majeure partie sont en effet plutôt noires - à l'exception peut-être de "Luka" qui s'achève sur une note d'espoir.

D'emblée, "Les Amants du Square Thomas Beckett" donnent le ton : comme l'ont chanté les "Rita Mitsuko", "les histoires d'A finissent mal ...", c'est bien connu.

"Le disparu de la rue du Four" se termine aussi très mal pour certains, bien qu'il ne s'agisse là que d'une sordide question d'intérêts et que, du début jusqu'à la fin, l'auteur fasse de son lecteur le complice de l'assassin.

Avec ce "Disparu", j'ai particulièrement apprécié : "La Fille de l'Ankou" - qui flirte avec le fantastique - "La Bêcheuse et la Bêchue" dont la fin est aussi triste qu'inéluctable, "Bouquet Garni" et plus encore "La Prof" qui s'agrémente en prime d'une somptueuse explication de textes. Le tout écrit d'une plume sensible et soignée, non dépourvue d'humour et toute imprégnée de l'atmosphère qui est celle de la Bretagne.

Il serait d'ailleurs intéressant de voir ce que Pierre-Alain Gasse peut nous donner en matière de roman bien qu'il affirme que la nouvelle est le seul valable pour lui. Je l'avoue : je suis preneuse.

A télécharger sur Alexandrie :

http://www.alexandrie.org/

et sur le site de l'auteur :

http://pierrealaingasse.fr
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MessageSujet: Soliloques - Pierre-Alain Gasse   Mer 18 Avr - 11:31



Le Thème :

Citation:
Ces neuf nouvelles sont des « je » divers, des fictions écrites à la première personne. À chaque fois, l'auteur a tenté d’entrer dans les pensées d’un personnage, qu'il a laissé s’exprimer : un médecin d'ONG face à un amour de jeunesse dans "Le Baiser de la Toussaint", une veuve, mère de quatre enfants, aux derniers jours de sa vie, dans "Ad Patres", un jeune criminel par amour et amitié dans "Tu feras gaffe où ton cœur se pose !" ou encore un punk en rupture de bans familiaux dans "In Memoriam".

À trois reprises, il s’est agi de personnages réels, placés par des circonstances adverses sous les feux de l’actualité. Qu’ils lui pardonnent cette liberté ! En une autre circonstance, c’est dans la peau du personnage d’un autre qu'il s'est glissé (Retour perdant). Enfin, l'auteur a repris partiellement la main, pour prolonger ou conclure ces « soliloques » dans le "Journal d'Alexandra" (journal intime des années 70) et "Galerie Marchande" (histoire d'un SDF).


Je sais, je suis une inconditionnelle mais c'est toujours avec un grand plaisir et beaucoup de curiosité que je me plonge dans les oeuvres de Pierre-Alain Gasse. Essentiellement, je pense, parce qu'il unit une profonde originalité à une grande tendresse envers l'espèce humaine.

Parmi les nouvelles de "Soliloques", je donnerai peut-être ma préférence à celles qui, coïncidence, portent des titres latins : "Ad Patres", toute en pudeur et en authenticité, et "In Memoriam", dont la chute impeccable souligne la noirceur tout aussi implacable.

Mention spéciale à "Le Vent m'emportera" où j'ai cru saisir (peut-être à tort) un souffle de "Noir Désir" - et que l'auteur sache que je partage entièrement son point de vue sur la question - et à "Coup de tête" : là aussi, nous sommes d'accord.

Pour ceux qui ont déjà dévoré "Noir à l'Ouest", je signale que "Le Journal Secret d'Alexandra" a un lien avec "Les Amants du square Thomas Beckett", nouvelle qui ouvrait ce précédent recueil.

Je l'avoue sans honte : je suis une gassomaniaque.

Et je trouve scandaleux que ces nouvelles n'aient pas trouvé de maison d'édition.

A télécharger sur Alexandrie :

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et sur le site de l'auteur :

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MessageSujet: Re: Pierre-Alain Gasse   Ven 30 Nov - 16:30

Jérôme Beaufils est le premier personnage du petit monde de Pierre-Alain Gasse avec qui j'ai fait connaissance, il y a bien deux ans, dans le premier recueil de nouvelles que j'ai lu de cet auteur : "Noir à l'Ouest." (Un bouquin remarquable : vous devriez le lire. Wink )

Et il faut croire que c'est là un héros particulièrement cher au coeur de PAG puisqu'il lui a consacré deux autres nouvelles : "La Vocation de Jérôme Beaufils", que vous trouverez dans "Amours de Papier" et enfin "Le Journal d'Alexandra ou De L'Autre Côté du Malheur", qui ouvre "Soliloques."

Pour mieux tenter de comprendre ce personnage qui parle peu mais dont la vie si brève finira par se voir étalée à la une d'un grand quotidien régional, après la tentative de meurtre qu'il aura perpétrée contre son supérieur hiérarchique à la Bibliothèque municipale de la petite ville de X***, mieux vaut sans doute commencer par lire ses premiers pas dans la vie, c'est-à-dire : "La Vocation ..." Cette nouvelle s'achève alors que le jeune Jérôme, né dans les années cinquante dans un foyer de petits commerçants bien-pensants et qui a été enfant de choeur pour "Monsieur l'Archiprêtre", entre dans une Institution religieuse où les cours sont dispensés gratuitement pourvu que l'enfant intègre par la suite le Séminaire.

Après "La Vocation ...", passez à "Les Amants du Square Thomas Beckett" (dans "Noir à l'Ouest") où vous retrouverez un Jérôme Baufils adulte, marié à Alexandra, laborantine en pharmacie, sans enfant et assistant-bibliothécaire auprès de Mathurin Digué. Un jour, vient s'inscrire à la Bibliothèque la séduisante épouse d'un avocat local : Maria Lesueur. Maria ... Rien qu'un prénom et pourtant tout un monde de souvenirs qui remonte dans l'esprit romantique de Jérôme ... Comme le sait le lecteur attentif, tel était le prénom du premier amour de Jérôme ...

Dans "Soliloques", Pierre-Alain Gasse nous confie les joies, les doutes, les peines d'Alexandra, l'épouse de Jérôme, en tous cas jusqu'au jour de son mariage, dans les années soixante-dix. C'est la seule nouvelle où l'auteur utilise le "Je" - il le fait d'ailleurs dans toutes les nouvelles de "Soliloques", recueil bâti sur ce pari de la première personne du singulier.

En rassemblant et faisant se recouper tout ce que nous avons pu apprendre ainsi sur Jérôme Beaufils, on parvient à comprendre un peu mieux son tragique parcours. On comprend par exemple que l'intensité des frustrations sexuelles qui se sont accumulées en lui, du fait de son éducation d'abord, de l'empreinte religieuse fortement ancrée en lui, des interdits de l'époque et d'un mariage avec une femme qui l'aimait, certes mais un peu nunuche, se trouve à la base de sa mort. On croit discerner aussi que sa nature romantique n'était en adéquation ni avec le milieu dans lequel il était né, ni avec celui dans lequel il vivait. On décèle enfin, en ce personnage toujours un peu replié sur lui-même, fût-ce après lecture de ces trois nouvelles, une recherche de l'Absolu qui ne pouvait se concrétiser que par deux voies : la spirituelle ou la charnelle. La troisième, la voie royale de la Créativité, Jérôme Beaufils ne semble pas avoir jamais pu en bénéficier. Il aime lire certes mais écrit-il ? cherche-t-il à concrétiser une oeuvre quelconque ? non et c'est dommage.

... Eh ! oui ! On peut en lire, des choses, chez les auteurs d'Alexandrie, qu'ils aient été ou pas sélectionnés pour le Prix 2008 ! (Et Pierre-Alain Gasse a été sélectionné deux fois par les internautes : l'an passé et cette année.) Il suffit de s'arrêter un peu et de choisir ses lectures.

Comme dans n'importe laquelle des bibliothèques ...
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MessageSujet: De Prague à Sydney   Mer 15 Avr - 21:57



Le Thème :

Citation:
Voyager, pour l'écrivain, c'est se dépayser, découvrir lieux et gens, mais aussi nourrir son imaginaire. Et lorsqu'un projet se dessine, qu'une histoire prend corps, lorsque vient le moment de situer les héros dans un espace, de les immerger dans une culture, de leur donner des noms, des visages, des habitudes, par un mystérieux travail d'association, des images reviennent se former sur la rétine. Ou peut-être est-ce l'inverse : des images fortes, prégnantes s'imposent comme décor nécessaire à une histoire qu'elles vous demandent de raconter. Voilà pourquoi aujourd'hui l'auteur vous emmène de Prague à Sydney. Vous laisserez-vous prendre par l'atmosphère de ces lieux, par l'histoire qui s'y déroule ? Par les deux, espère-t-il, mais après tout, il s'agit simplement de nous distraire.


Deux nouvelles de type policier, comme les aime Pierre-Alain Gasse, c'est-à-dire saupoudrées d'humour mais aussi, en ce qui concerne la deuxième du lot, d'une subtile mélancolie.

La première constitue également une invitation au voyage vers Prague, la ville hantée de Kafka, où le lecteur assiste à une espèce de course-poursuite à la chute plutôt surprenante. Les dialogues sont bons : vifs, bien enlevés, ils nous font compatir aux malheurs du policier en charge de filature. Je précise que, à un certain moment - lorsque le voyageur français se retrouve avec sa femme qui défait leurs bagages dans leur chambre d'hôtel - ils laissent passer le seul indice susceptible d'orienter le lecteur vers la fin de la nouvelle.

De facture plus classique, la seconde et dernière nouvelle tient du huis-clos à la Agatha Christie, entre suspects d'un meurtre, avec l'appel au lecteur initié par Stanislas-André Steeman dès "L'Assassin habite au 21", lorsque tous les indices ont été traités par l'officier de police bougon et que chacun des protagonistes a achevé son tour de scène. Comme toujours dans ces cas-là, mon esprit se bloque et je ne sais jamais qui est le meurtrier : là encore,< b>la révélation de son nom fut pour le moins inattendue.

Bref, deux nouvelles agréables, n'ayant d'autre prétention, ainsi que le souligne leur auteur dans la quatrième de couverture, que celle de distraire un court instant un lecteur un tantinet paresseux ou trop las pour rechercher des intrigues complexes et des personnages fouillés.
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MessageSujet: Portraits   Mer 15 Avr - 22:06



Le Thème :

Citation:
Fruits d'une pure invention, nés de souvenirs recomposés ou résultats d'expériences personnelles, les douze portraits que voici sont comme le kaléidoscope d'un voyage au fil d'une existence. La joie, l'amour, la mort s'y côtoient comme dans celle de chacun d'entre nous. Ils se sont empilés, au cours des dix dernières années, qui ont vu l'auteur passer de la cinquantaine à la soixantaine, et rien n'a été changé à l'ordre de leur naissance. Ils parlent de deuils, de la nostalgie, de secrets révélés, de peurs d'avenir, tout comme des joies d'amours enfin assumés, de petits-enfants aussi étonnés qu'étonnants, et portent un regard plus distancié qu'autrefois, peut-être, sur le monde alentour...


Probablement avais-je déjà lu une partie de ses nouvelles lorsqu'elles étaient passées en pré-lecture car je me rappelais nombre d'entre elles. "Lazlo" me semble quant à lui faire déjà partie d'un autre recueil de PAG.

Emotion, tendresse, humour, sens du petit détail qui fait mouche, autant de qualités qu'il faut reconnaître à Pierre-Alain Gasse. Elles s'étalent à leur aise dans ce lot de douze nouvelles où se croisent un petit-fils de deux ans amoureux du chemin de fer, un grand-père normand allant vers sa fin dans un hôpital breton, une soupière remplie de papiers entre les bras, un couple de jeunes gens se rencontrant dans une cour de ferme au beau milieu de l'Occupation, deux amies d'un certain âge qui écument les thés dansants jusqu'à ce que tout les sépare, deux soeurs qui, bien que vivant l'une avec l'autre depuis des lustres, se connaissent en fait assez mal et encore quelques autres "portraits" brossés avec autant de délicatesse que d'efficacité.

Un recueil qui, à l'exemple de "Noir à l'Ouest", initiera parfaitement le lecteur au petit monde de Pierre-Alain Gasse, l'un des auteurs les plus "solides" et les plus convainquants d'Alexandrie On Line. Avec cela, le style est simple, sans prétention mais de bonne facture. Que demander de plus ?
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