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Jean Matrot.

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Masques de Venise
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MessageSujet: Jean Matrot.   Jeu 24 Mai - 14:44



Le Thème :

Citation:
Jean-Luc est comme tout le monde, il a quelques copains un peu « limite ». Le problème, c’est que de l’autre côté de cette limite se cachent des choses pas très propres. Alors quand la balance commence à pencher du mauvais côté, il vaut mieux éviter de se trouver dessous…


Bien que nos politiciens aient dévoyé comme à plaisir les termes "populiste" et "populaire", il faut oser reconnaître ici à Jean Matrot un talent similaire à celui qui animait Eugène Dabit ou encore Francis Carco et qui a trouvé sa meilleur expression cinématographique avec le Marcel Carné de "Le Jour se Lève" ou de "Quai des Brumes."

Si les petits voyous parisiens se sont considérablement bigarrés depuis Carco, dans le fond, ils n'ont pas changé. Toujours aussi violents et cruels. Simplement, comme nous sommes en 2007 et non dans les années trente, tout est mis noir sur blanc, sans complaisance aucune d'ailleurs - saupoudré d'humour au passage parce qu'il en faut bien un peu pour survivre dans cette jungle.

Bref, après "Place aux Amateurs", Jean Matrot nous confirme ici avec superbe qu'il possède bel et bien un style, vif et gaillard que sert admirablement son sens hors de pair du découpage et de l'action.

Contrairement à "Place ...", la fin de "L'Innocence même" s'entoure d'une tristesse déchirante qui, par le retournement qu'elle amène, ne pourra que combler le lecteur curieux et observateur.

Un livre à lire et à recommander, qu'on se le dise.

A télécharger sur Alexandrie :

htpp://www.alexandrie.org/
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http://notabene.forumactif.com/
http://blog.bebook.fr/woland/index.php/


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MessageSujet: Re: Jean Matrot.   Jeu 7 Juin - 17:03



Citation:
Les terribles bataillons d’Afrique, en 1923. Eugène, comme tant d’autres, y subit les conséquences d’une naissance misérable. Un soir, parmi les nouveaux arrivants, il reconnaît Ernest, ancien compagnon d’errances. Ces retrouvailles vont changer le cours de sa vie…


Que dire, sinon que Jean Matrot est un conteur né ?

Son récit, cette fois situé dans les années vingt, emmène le lecteur d'Afrique du Nord aux Etats-Unis en passant par un Paris populaire où se mêlent ouvriers, gangsters et tapineuses. Malgré un début qui pourra paraître trop long à certains - mais il faut bien que l'écrivain "expose" son projet et chacun possède son propre rythme - l'intrigue, à mi chemin entre le roman populaire de l'entre-deux guerres et le roman noir traditionnel, n'a aucun mal à tenir le lecteur en haleine.

On se doute bien qu'Eugène retrouvera Madeleine et leur fils comme on se doute que tout cela finira assez mal - même si la mort du héros est traité avec une infinie tendresse par son créateur. Mais on joue le jeu car, dans ce genre de romans, c'est bien ce qui les rend crédibles.

Matrot sait camper des personnages "vrais", aussi vrais, je le répète, que ceux interprétés par Gabin dans le cinéma populaire des années trente. "Zéphyr", d'ailleurs, aurait été idéal pour un Gabin jeune mené par Duvivier ou Carné. Les dialogues, qui usent évidemment beaucoup de la langue verte, sont un régal, et pas seulement pour l'initié (rassurez-vous : un glossaire est prévu à la fin de l'ouvrage ;o).) Ils sont, eux aussi, d'un naturel quasi parfait.

Une question me taraude maintenant : à quand une grande "saga" sur la pègre française par Jean Matrot ? Il en a le souffle et la passion : alors, pourquoi hésiter ?

A télécharger sur Alexandrie :

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MessageSujet: Re: Jean Matrot.   Mer 5 Déc - 17:06



Le Thème :

Citation:
Le boulot à la fabrique n'est pas des plus enrichissants, dans tous les sens du terme. Ce n'est pas une vie mais c'est celle d'André. Avec son père, ses frères, ils se lèvent chaque matin pour aller raboter, dégauchir, assembler, vernir. Faire autre chose ? Dans une ville comme celle-ci, presque un coron ? Certains ont dû essayer, sans doute. En tout cas, personne ne les a vu revenir, se pavaner dans des grosses américaines. Ce qu'ils n'auraient pas manqué de faire si ça s'était si bien passé.

Heureusement, au milieu de tout ça, il y a Rose, Rose qui a ses défauts mais qui est là. C'est déjà une qualité. Elle attend, elle se débat avec une belle mère qui a du mal à supporter sa présence quotidienne, elle voudrait bien trouver du travail, mais personne ne lui en donne. En chercher ? Ca se fait ? Cette petite vie pourrait très bien continuer des années comme ça si elle n'allait pas ramasser un spermatozoïde qui traîne. Et cette graine là, André est sûr qu'elle n'est pas de lui. Qu'est-ce que vous feriez à sa place ?


A ce jour, le meilleur ouvrage de Jean Matrot, en tous cas sur Alexandrie.

Personnages plus vrais que nature, qui ont tant de mal à exprimer leurs émotions, surtout quand celles-ci sont troubles. Intrigue d'une construction quasi horlogère, d'une noirceur terrible parce que solidement enracinée dans une situation banale.

J'étais entrée dans ce roman en redoutant un peu, je l'avoue, que cela ne se terminât dans la pègre mais non : tout ici parle du quotidien, les décors, les personnages, les faits. Ce qui renforce cette constatation : le Mal, quand il se dissimule dans la vie de tous les jours, dans des faits aussi heureux en principe que l'annonce d'une grossesse ou un nouvel amour qui se présente, est bien plus hideux et plus performant.

Si vous ne deviez lire qu'un seul roman de Jean Matrot, ce serait celui-là que, sans hésitation aucune, je vous conseillerai.

A télécharger sur Alexandrie :

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