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Jean-Claude Arevalo

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Masques de Venise
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MessageSujet: Jean-Claude Arevalo   Ven 17 Avr - 18:29



Le Thème :

Citation:
J’ai peu connu l’Espagne ; enfant, j’avais l’impression d’y être une intruse, et pourtant c’est sans doute là que j’ai appris à saisir les instants furtifs. Je suis à la merci d’une couleur, d’un accent, d’une émotion. Je reviens contempler, au-dessus des vagues, les gorges de Santa Cruz sans bouger de mon banc. » Rose parle : elle parle à elle-même et à Monique, qui est dans le coma. Elle parle de son mari, Luis, et de sa maîtresse qui vient de les rejoindre chez eux, dans une vieille usine. Luis est un peintre-sculpteur, Rose voue à son œuvre une admiration sans limites. Les articulations de ce livre, écrit comme une nouvelle, ne sont pas des chapitres : ce sont les derniers jours de Rose. Son histoire prend place aujourd’hui, mais c'est aussi une histoire intemporelle, celle d’un destin sans fracas et pourtant exceptionnel, d'un amour, d'une dette de l’enfance, d'un virage jamais abordé.


Une découverte surprenante que cet "Envers & contre Toi." Tout d'abord un style très personnel qui procède par phrases courtes mais jamais sèches, une façon non seulement de camper les personnages dans la lumière crûe du soleil et un décor de vieilles pierres propre au sud mais aussi d'y entraîner le lecteur, de lui faire sentir la chaleur, la poussière de l'atelier et le silence des longs après-midis. Une langue naturelle et poétique, avec de belles images qui partent du coeur de l'écrivain et ne tombent jamais dans le cliché pas plus qu'elles ne résonnent forcées. Donc, une langue qui accroche et qui retient.

Avec cela, un thème pas facile à traiter - le sacrifice d'une femme - qui aurait pu facilement basculer dans le mélo. Mais celui-ci n'est même pas effleuré.
Le personnage de Rose, comme tous ceux qui l'entourent, en particulier Luis, Erika et bien sûr Régine-Angèle, sont crédibles du début jusqu'à la fin, probablement parce qu'ils ne sont en rien manichéens. On sent la dimension psychologique, le travail du romancier derrière eux, pour les façonner et leur donner une vie réaliste. Le plus étonnant reste quand même qu'un homme ait pu dépeindre avec autant de justesse, de pudeur, de tendresse, ce qui est le destin de tant de femmes (épouses, compagnes, peu importe) pourtant plus fortes et mieux douées que ceux auxquels elles acceptent de sacrifier leur énergie et leur talent.

"Envers & Contre Toi" de Jean-Claude Arevalo : inconstestablement l'un des meilleurs livres que j'ai eu le privilège de parcourir sur Alexandrie. Lisez-le, vous m'en direz des nouvelles.
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MessageSujet: L'Enfant de la Lune   Ven 17 Avr - 18:50



Le Thème :

Citation:
Dans un village reculé du Lot, Jean connaît les plantes qui guérissent, les secrets des pierres levées, et les mystères qui s’y cachent. Au soir de sa vie in rencontre Barbara, une jeune fille pas tout à fait comme les autres. Ensemble, ils vont tenter de découvrir le passage, cet endroit réservé au seul initié. Entre rêve et réa lité, Jean et Barbara nous entraînent vers ce pays de pierre, de buis et de chênes. Mais, mademoiselle Malbhec, assistante sociale de son état, ne l’entend pas ainsi. Elle doit protéger Barbara de ce vieux fou de Jean.


"L'Enfant de la Lune" n'a pas la dimension intérieure d'"Envers & Contre Toi" ni cette tension d'écorché vif qui donnait à ce dernier texte toute sa puissance. Il ne nous en reste pas moins un bon récit, plus classique certes, avec des personnages un tantinet plus prévisibles mais, du moment qu'on accepte d'entrer dans le jeu (et l'auteur sait nous y entraîner dès les premières pages), on passe un bon moment.

Certains seront peut-être tentés d'évoquer le stéréotype au sujet des personnages. Mais c'est qu'ils n'ont jamais eu affaire aux services sociaux, toujours fort occupés à "protéger" des enfants qui n'ont pas besoin de l'être et à suspecter des parents qui ne songent qu'à donner le meilleur à leur progéniture, alors qu'ils referment sans états d'âme le dossier d'une famille de huit enfants notoirement reclus, déscolarisés et maltraités. En ce sens, le personnage de l'assistante sociale (tous comme les rivalités mesquines avec ses collègues et sa supérieure) est on ne peut plus réaliste. Certes, il existe bien du personnel social qui fait son boulot - et qui le fait bien. Mais disons que leurs collègues gaffeurs et mal intentionnés se font beaucoup plus remarquer et qu'un écrivain est toujours tenté de le faire savoir, surtout quand un enfant tenu pour "différent" est en jeu. Le désir manifeste de l'Education nationale de se laver les mains de ces mêmes enfants (en général à partir du collège) est aussi très bien vu : Arevalo forcit à peine le trait.

Cette histoire m'évoque Giono et plus encore Bosco ainsi qu'un bon nombre de livres d'auteurs plus modestes que j'ai lus dans mon enfance. Une atmosphère de merveilleux et de communion intime avec la Grande Mère Terre (non seulement par la Nature mais aussi par les cultes ici évoqués) plane sur l'ensemble et l'on est tenté de retrouver son âme d'enfant, au temps où tout était simple et où les gentils battaient toujours les méchants.

Peut-être y a-t-il moins de recherche au niveau du style même si l'on y retrouve la patte de l'auteur. Mais cela convient à l'intrigue - laquelle est correctement développée, avec quelques petites longueurs çà et là mais bon ... Un seul petit bémol : la mise en page de certains paragraphes serait à revoir ainsi que les majuscules utilisées après les paroles des personnages comme : "Où es-tu ? Dit-il ..."
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