Séraphine Grande & Sulfureuse Prêtresse de Nota Bene


   Age : 38 Inscrit le : 02 Avr 2006 Messages : 3311 Localisation : Autres dimensions... Emploi : Ecolière... Loisirs : Le rêve...
 | Sujet: Cesare Battisti - Buena onda Sam 28 Juin - 23:36 | |
| 3 parties dans mon post.
1. Qui il est 2. Vargas et lui 3. Battisti comme écrivain
1.
Sommairement : Cesare Battisti, né le 18 décembre 1954 à Sermoneta au sud de Rome, est un ancien membre d'un groupe clandestin armé d’extrême gauche actif en Italie durant les « années de plomb », les Prolétaires armés pour le communisme (PAC), condamné pour des assassinats dont il se dit innocent, puis un écrivain suite à sa fuite en France.
Emprisonné en 1979 et condamné en 1981 pour appartenance à une bande armée, il s'évade et se réfugie alors au Mexique. En 1988, il est jugé par contumace par la Cour de Milan et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour l'assassinat du surveillant de prison Antonio Santoro (Udine, 1978), et de l'agent de police Andrea Campagna (Milan, 1979), et pour la complicité dans les assassinats le 16 février 1979 du boucher Lino Sabbadin (Santa Maria di Sala, Vénétie) et du bijoutier Pierluigi Torregiani (Milan).
Il s'installe en France en 1990 pour bénéficier de la doctrine Mitterrand. Une demande d'extradition vers l'Italie est refusée en 1991. Il séjourne librement en France, devient un gardien d'immeuble puis publie plusieurs romans noirs à partir de 1993.
En 2004, le gouvernement français s'apprête finalement à l'extrader en Italie, ce qui nourrit un débat français sur l'opportunité de cette extradition.
Cesare Battisti s'enfuit alors, jusqu’à son arrestation au Brésil le 18 mars 2007.
A LIRE : http://www.amnistia.net/news/articles/extrad/arbattis.htm
2. Vargas et lui Interview Extraits
Cet été, pour la quatrième fois, je vais rendre visite à Cesare Battisti, au Brésil, qui est en prison là-bas depuis l'année dernière.
Comment va-t-il? Pas bien du tout. Au Brésil, on n'extrade personne pour crime politique, c'est dans la Constitution. Alors l'Italie se contorsionne pour expliquer maintenant que Battisti est coupable de crimes de droit commun. C'est assez fort!
Ne regrettez-vous pas la dérive people et la récupération politique de votre défense de Battisti? Bien sûr que cette mobilisation m'a échappé. En grande partie parce que la plupart des journaux m'ont fait passer pour une gourde qui s'est soudain découvert des convictions politiques, moi qui ai été élevée dans un milieu très politisé! Beaucoup n'ont vu dans mon soutien à Battisti qu'un petit coup de tête, alors que j'ai énormément bossé sur ce dossier, avant tout en historienne, accumulant les archives, les pièces, les précisions, étudiant à la loupe les failles de l'accusation. Ce qui s'est passé entre la France et l'Italie, ce n'est pas une question de justice, c'est un deal.
Que pensez-vous de l'attitude de Nicolas Sarkozy dans cette affaire? Il savait très bien où se trouvait Cesare Battisti depuis 2004. Il l'a laissé cavaler pour le rattraper au moment de la campagne présidentielle. Je n'appelle pas ça avoir de l'humanité. Rien à voir avec François Bayrou: quand il n'y avait plus personne dans le paysage politique pour m'aider, je suis allée le voir en le prévenant que je ne votais pas UDF. Bayrou m'a répondu qu'il s'en doutait et qu'il s'en fichait. Il a demandé à lire tout le dossier. C'est l'un des rares qui n'ont jamais renoncé à défendre Battisti, quoi qu'en ait pensé son électorat. Contrairement à bien des hommes politiques, il a une réelle intégrité. François Hollande, lui, nous a lâchés, comme tous ces gens qui ont adhéré à la cause quand elle était populaire et qui ont retourné leur veste quand le vent a changé.
Etes-vous toujours de gauche? Oui, mais de la gauche errante, celle des gens qui tiennent bon même si ça ne correspond pas à l'histoire officielle que nous fabriquent la France et l'Italie. François Bayrou, mais aussi Jacques Bravo, le maire du IXe arrondissement de Paris, Yves Cochet, le député Verts, Bernard-Henri Lévy et beaucoup d'autres continuent à soutenir Battisti, quels que soient les reproches encourus. Les caciques du PS, non. Parce que ce n'est pas le moment, parce que ça ne va pas plaire à l'électeur. Et, pendant ce temps-là, un type est en train de crever en prison. Mais à travers un homme, il y a tous les hommes, comme disait Primo Levi. Ça pose des questions sur la compromission, sur la lâcheté politique.
Justement : comment rester fidèle à ses convictions quand on devient millionnaire? En francs peut-être, mais en euros à peine! De toute façon, je n'ai jamais eu des goûts de luxe, j'ai été élevée comme ça. Si ça fait plaisir à notre président de la République d'exhiber une montre à 45 000 euros, moi ça ne me viendrait même à l'idée de dépenser une telle somme pour un objet pareil. En fait, mon argent me sert à payer les avocats de Battisti, à prendre l'avion pour le Brésil sans compter, à aider ses proches à y aller. Donner mon argent à d'autres, c'est selon moi un partage normal d'une somme qui ne m'appartient pas. C'est comme un pot collectif où chacun puise selon ses besoins. Mais c'est très long et très compliqué à faire comprendre aux gens. Ça se retourne souvent contre moi et on me reproche de jouer les Mère Teresa...
3. Buena onda Je suis en train de le lire et c'est évidemment largement autobiographique. Le bouquin relate l'arrivée de Battisti au Mexique, fuyant la France après l'enlèvement d'un ministre, auquel il a participé.
Aidé par un réseau interlope et assez pittoresque (trop pour être fictif), nous suivons au jour le jour les errements de ce clandestin, recherché par la police et acculé aux combines des gringos. Qui ne sont pas des grands rigolos quand il s'agit de se faire du fric et de trahir...
Le style peut paraître simple aux amoureux des polars élaborés. En réalité, le seul mot qui me vient à l'esprit, c'est que son écriture est résignée et réaliste, comme tout ce qui lui arrive. Il ne tente ni emphase, ni métaphore, ni auto-analyse.
Il n'est pas idéologue dans le livre. Pas "engagé", comme on pourrait l'attendre d'un homme toujours sur la sellette, en 2008. Personne ne saurait présager de son avenir.
Vargas en parle et se défonce pour libérer ce "révolutionnaire" d'un autre âge, il faut bien le dire, mais célèbre pour ses écrits policiers. _________________ "Connais-toi toi-même." |
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gemini ¡ No pasarán !


   Age : 42 Inscrit le : 11 Juil 2007 Messages : 1591 Localisation : mouais Emploi : cosmonaute Loisirs : lecture
 | Sujet: Re: Cesare Battisti - Buena onda Sam 28 Juin - 23:49 | |
| | Je n'ai jamais lu Battisti. Je trouve que la bataille que livre Vargas est admirable et que, quoiqu'on pense de la culpabilité de Battisti (faut voir dans quelles conditions elle a été conclue...), le minimum auquel cet homme aurait dû avoir droit, c'est un procès normal. |
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Thomas Ordonnateur des Basses Oeuvres de Nota Bene - il en est fier, en plus ...


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 | Sujet: Re: Cesare Battisti - Buena onda Lun 30 Juin - 9:07 | |
| J'ai lu du Battisti, du Vargas sur Battisti, suivi les péripéties de la remise en cause de la doctrine Mitterrand, été complètement écoeuré par la manière dont a agi la France alors que, comme tu le soulignes, gemini, le procès par contumace qui lui a été fait a quelques petites particularités qui justifieraient qu'on se repenche sur l'instruction... _________________ "Le secret douloureux des dieux et des rois, c'est que les hommes sont libres." Jean-Paul Sartre, Les mouches "La sensualité est la condition mystérieuse, mais nécessaire et créatrice, du développement intellectuel." Pierre Louÿs, Aphrodite
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Séraphine Grande & Sulfureuse Prêtresse de Nota Bene


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 | Sujet: Re: Cesare Battisti - Buena onda Lun 30 Juin - 20:42 | |
| Extrait - Buena onda
Le jour où j’ai cloué au pilori le ministre de l’Intérieur, j’ai découvert qu’il n’y a rien de plus écoeurant que la panique d’un matamore réduit à l’impuissance. C’est le visage désossé, c’est la grimace du despote qui feint de ne pas comprendre pourquoi, c’est le dégueulis nauséabond et la terreur du bourreau livré à ses victimes. C’est la bête bornée, qui prise au piège, cherche lâchement à se faire passer pour innocente. Un relent de merde. Un spectacle que je ne conseillerais pas à mon pire ennemi. Ce jour-là, j’ai compris l’origine de mes maux d’estomac chroniques. Les gens bien pensants diraient que c’est plutôt ma tête qui est malade, mais ceux-là sont aussi vides que mon compte en banque.
Phrase d'en tête, que je trouve bien sentie :
A partir du moment où tu expliques ton infini tu commences à renoncer à lui.
 _________________ "Connais-toi toi-même." |
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